Les templiers enfermés à Domme

Les Templiers à Domme : Mystères et Légendes


Au cœur du Périgord Noir, la Bastide Royale de Domme cache en ses murs un secret ancestral.


La Porte des Tours : Une Prison Enigmatique

Les imposantes tours de la Bastide Royale de Domme, joyau de l’architecture militaire du XIIIème siècle, abritent des inscriptions mystérieuses. En 1970, le chanoine Tonnelier attribua ces graffiti aux chevaliers de l’Ordre du Temple, affirmant que de 1307 à 1320, soixante-dix Templiers y furent emprisonnés, gravant sur les murs les témoignages de leurs dernières années. Une étude récente remet en question cette thèse, mais l’aura mystérieuse des graffiti persiste.


Les Graffiti : Témoignages ou Divagations ?

Les gravures de Domme intriguent et fascinent. Selon le chanoine Tonnelier, les murs de la Porte des Tours portent des dates et des inscriptions dénonçant le pape Clément V, ainsi que des dessins complexes, incluant une multitude de têtes mystérieuses. Les interprétations de ces inscriptions varient, certaines études récentes suggérant qu’elles pourraient être l’œuvre de tailleurs de pierres, de pèlerins ou de gardes, plutôt que de Templiers.


Les Noms des Templiers

Les archives révèlent les noms des Templiers périgourdins détenus à Domme. Leur liste, dressée à partir de documents historiques, nous raconte les histoires de ces hommes, souvent avec des détails poignants sur leur vie et leur mort. Chaque nom évoque une part de l’énigme, laissant entrevoir les visages des chevaliers dans l’ombre de leur geôle.


Visitez la Porte des Tours

Aujourd’hui, la Porte des Tours est un site incontournable pour quiconque visite Domme. Les graffiti, visibles lors de visites autonomes ou guidées, offrent un aperçu émouvant de l’histoire et des légendes entourant les Templiers. Pour les plus audacieux, un Escape Game propose de relever le défi de retrouver les Clés de la Liberté en une heure, plongeant les participants dans l’atmosphère mystique de cette prison séculaire.


Les Templiers : Entre Vérité et Fiction

Les recherches et débats sur l’authenticité des graffiti de Domme sont intenses. Si certaines interprétations sont remises en question, l’énigme demeure. Les visiteurs sont invités à explorer, à questionner, et peut-être, à découvrir leur propre vérité au cœur de cette forteresse mystérieuse.


Plongez dans l’Histoire Mystérieuse des Templiers à Domme

La légende des Templiers, ces chevaliers mystiques et souvent incompris, continue de captiver les esprits. Venez découvrir Domme, où l’histoire et le mystère s’entrelacent dans les pierres anciennes de la Porte des Tours.

Domme se raconte

J'étais à moitié endormi sur un banc de pierre le long des remparts...

La Porte des Tours devient une prison des Templiers !

La Bastide de DOMME se raconte
Nous proposons aux acteurs du tourisme et des territoires une autre façon de saisir l’histoire : en laissant parler les objets, le patrimoine, leur âme ! 
Le visiteur, et l’habitant bien sûr, entrent dans une dimension différente, plus émotionnelle, plus intime et plus “vraie”. Le sens émerge, et le contenu historique n’est plus le même. Ici, la Bastide n’essaie pas de se vanter, ni de se situer dans une déluge savant de dates. Elle exprime une vérité bien différente du discours touristique et publicitaire : elle a vécu des époques terribles, des souffrances dont le patrimoine est la trace…

Jacquou le Croquant et le temps des jacqueries

Connaissez-vous l’excellent site Littérature audio ? C’est une association dont l’objet est de objet de “faciliter l’accès de tous et en particulier des non-voyants et malvoyants aux joies de la littérature.” Nous pouvons tous en bénéficier, en effet, grâce au travail de bénévoles.
Quant à nous, Love France, nous pouvons mettre à disposition leur travail de manière contextualisée, comme ici, à propos du Périgord et de Domme, qui entretient la légende de Jacquou le croquant. 
Notre but est aussi de contextualiser les territoires dans l’histoire et par la recherche scientifique. France Culture est une mine incroyable des connaissances d’aujourd’hui !

L’histoire des Jacqueries commence avec la Grande Jacquerie de 1358. C’ est un soulèvement de paysans qui touche les campagnes d’Île-de-France, de Picardie, de Champagne, d’Artois et de Normandie, lors de la guerre de Cent Ans (que le Périgord a bien connue !). Ce fût une période de grande crise politique, militaire et sociale. Cette révolte tire son nom de Jacques Bonhomme, figure anonyme du vilain, puis sobriquet désignant le paysan français, probablement du fait du port de vestes courtes, dites jacques. Elle eut pour chef un dénommé Guillaume Carle, aussi nommé Jacques Bonhomme1.

L’émission de France Culture va plus en profondeur dans l’explication des Jacqueries, et notamment dans l’analyse de l’expression des révoltes populaires dans notre histoire.
Historiquement, au-delà du roman, que sont les jacqueries ? Une émission sur France Culture.

Le texte du livre d’Eugène Le Roy “Jacquou le croquant est disponible ici sur Wikisource

Voici le début du 1er chapitre

Le plus loin dont il me souvienne, c’est 1815, l’année que les étrangers vinrent à Paris, et où Napoléon, appelé par les messieurs du château de l’Herm « l’ogre de Corse », fut envoyé à Sainte-Hélène, par delà les mers. En ce temps-là, les miens étaient métayers à Combenègre, mauvais domaine du marquis de Nansac, sur la lisière de la Forêt Barade, dans le haut Périgord. C’était le soir de Noël ; assis sur un petit banc dans le coin de l’âtre, j’attendais l’heure de partir pour aller à la messe de minuit dans la chapelle du château, et il me tardait fort qu’il fût temps. Ma mère, qui filait sa quenouille de chanvre devant le feu, me faisait prendre patience à grand’peine en me disant des contes. Elle se leva enfin, alla sur le pas de la porte, regarda les étoiles au ciel et revint aussitôt :

— Il est l’heure, dit-elle, va, mon drôle[1] ; laisse-moi arranger le feu pour quand nous reviendrons.

Et aussitôt, allant quérir dans le fournil une souche de noyer gardée à l’exprès, elle la mit sur les landiers et l’arrangea avec des tisons et des copeaux.

Cela fait, elle m’entortilla dans un mauvais fichu de laine qu’elle noua par derrière, enfonça mon bonnet tricoté sur mes oreilles, et passa de la braise dans mes sabots. Enfin ayant pris sa capuce de bure, elle alluma le falot aux vitres noircies par la fumée de l’huile, souffla le chalel pendu dans la cheminée, et, étant sortis, ferma la porte au verrou en dedans au moyen de la clef-torte qu’elle cacha ensuite dans un trou du mur :

— Ton père la trouvera là, mais qu’il revienne.

Le temps était gris, comme lorsqu’il va neiger, le froid noir et la terre gelée. Je marchais près de ma mère qui me tenait par la main, forçant mes petites jambes de sept ans par grande hâte d’arriver, car la pauvre femme, elle, mesurait son pas sur le mien. C’est que j’avais tant ouï parler à notre voisine la Mïon de Puymaigre, de la crèche faite tous les ans dans la chapelle de l’Herm par les demoiselles de Nansac, qu’il me tardait de voir tout ce qu’elle en racontait. Nos sabots sonnaient fort sur le chemin durci, à peine marqué dans la lande grise et bien faiblement éclairé par le falot que portait ma mère. Après avoir marché un quart d’heure déjà, voici que nous entrons dans un grand chemin pierreux appelé lou cami ferrat, c’est-à-dire le chemin ferré, qui suivait le bas des grands coteaux pelés des Grillières. Au loin, sur la cime des termes et dans les chemins, on voyait se mouvoir comme des feux follets les falots des gens qui allaient à la messe de minuit, ou les lumières portées par les garçons courant la campagne en chantant une antique chanson de nos pères, les Gaulois, qui se peut translater ainsi du patois :

 

   Nous sommes arrivés,
Nous sommes arrivés,
À la porte des rics, (chefs)
Dame, donnez-nous l’étrenne du gui !…
Si votre fille est grande,
Nous demandons l’étrenne du gui !
Si elle est prête à choisir l’époux,
Dame, donnez-nous l’étrenne du gui !…
Si nous sommes vingt ou trente,
Nous demandons l’étrenne du gui !
Si nous sommes vingt ou trente bons à prendre femme,
Dame, donnez-nous l’étrenne du gui !…

 

Lorsque nous fûmes sous Puymaigre, une autre métairie du château, ma mère mit une main contre sa bouche et hucha fortement :

— Hô, Mïon !

La Mïon sortit incontinent sur sa porte et répondit :

— Espère-moi, Françou !